L'as-tu entendu toi?
Il vient des États-Unis, mais je l’entends de plus en plus ici. Je te l’explique pour que tu puisses le repérer s’il fait son apparition dans ton équipe. Comme ça, tu pourras agir rapidement.
Après le « quiet quitting », ou le fait de faire le strict minimum, le loud working, c’est la tendance où les salariés font tout pour rendre leur travail et leur performance le plus visible possible auprès de leur employeur.
Concrètement, les employés cherchent par tous les moyens à mettre leur travail en valeur auprès de la direction. On le remarque par une présence numérique hyperactive (répondre sur Teams à la seconde près, multiplier les courriels matin et soir) additionné à un présentéisme stratégique les jours au bureau. Certains sautent sur les projets les plus visibles par les patrons et ne finissent plus de faire des suivis.
Pourquoi? L’IA, qui prend de plus en plus de place, automatise plusieurs tâches et transforme les rôles en entreprise, dans un contexte économique déjà difficile où les mises à pied augmentent dans certains secteurs au Québec. Devant cette nouvelle réalité, les employés ressentent davantage le besoin de prouver qu’ils sont indispensables pour protéger leur emploi. Cette anxiété est aussi alimentée par la fin du télétravail à temps plein et le retour forcé au bureau, souvent en mode hybride. La pression de montrer qu’ils sont productifs, même quand ils travaillent à distance, se fait de plus en plus sentir.
Le hic avec ça?
À force de vouloir démontrer qu’ils sont indispensables, les employés risquent de nuire à leur propre bien-être, au climat de travail, à la culture de l’organisation et même aux résultats.
Pour l'employé
L’épuisement. Vouloir constamment prouver sa productivité finit par épuiser.
La perte de crédibilité. Quand l’apparence prend le dessus sur les résultats, les collègues et les gestionnaires finissent par le remarquer.
Le retour du balancier. Plus on cherche à se faire remarquer, plus on s’expose aux critiques et à la surveillance. Les erreurs deviennent aussi plus visibles.
Pour l'équipe
Une compétition malsaine. Ça crée un climat malsain où la performance est jugée sur l'apparence plutôt que sur le fond. Les collègues se sentent forcés de faire "du bruit" eux aussi.
Un sentiment d’injustice. Les employés plus discrets ou introvertis risquent de se sentir invisibles et dévalorisés.
Moins de collaboration. Chacun cherche à se démarquer au détriment du partage d’information et de l’esprit d’équipe.
Pour l’entreprise
Une perte de productivité. Le temps passé à démontrer sa productivité est du temps en moins pour le travail réel.
Une surcharge d’information. Les gestionnaires se retrouvent inondés de messages futiles, ce qui ralentit leur travail et fait perdre le temps de tout le monde.
La perte de talents. Certains employés performants, tannés de cette culture du paraitre, finissent par quitter pour un milieu de travail plus sain.
Si les employés passent plus de temps à essayer d’être vus qu’à faire une vraie différence, personne n'est gagnant. La solution passe notamment par la clarté et la confiance. Quand les employés connaissent bien leurs responsabilités et savent que leur contribution est reconnue à sa juste valeur, ils peuvent concentrer toute leur énergie sur l’avancement et le succès de l’organisation.
Gestionnaires et professionnels, comment trouvez-vous l'équilibre entre une saine visibilité et le piège du paraitre dans vos équipes?

